Lui, épris de désert, passionné de couleurs chaudes, de Vinci, Rivera, Giacometti, Warhol ou Picasso, a déchiré ces capes et muletas qu’il a peintes, comme les indiens se peignent le visage dans les deuils et pour passer à autre chose. Sans véritablement de nostalgie. Ou alors secrète. La philosophie du va-tout, incontestable signe de non retour. Paradoxe du personnage, car il est matador de toros et l’on ne se dépêtre jamais vraiment de ça même si on ne torée plus.
La quête du Mexique lui a beaucoup appris. Il y a connu l’alternative, les squats d’artistes, la terre qui tremble, le désert, la vitalité du jaguar, les Tarahumaras. La mesure de soi confrontée à la démesure d’un toro, d’un pays : Mexico. Mais la démesure se nourrit de finesse et de mixture tout comme ses œuvres.
La tauromachie qui est une démesure millimétrée mixe elle aussi le sable ou le marbre. Elle fut pour lui une façon de toucher le ciel. Tous les différents chemins artistiques que José Manrubia explore désormais le sont aussi.
Extrait d’un texte de l’écrivain Jacques Durand.